2019, une année tranquille

Les débuts d’année sont l’instant d’un retour sur le millésime qui vient de s’achever. En ce qui concerne ma production photographique, 2019 a été une année calme avec de longues périodes d’inactivité créative. Cette année, l’exercice de la rétrospective ne sera pas chronologique, mais plutôt organisé selon différents styles et sujets.

Dans mes vœux pour 2020, j’ai évoqué mon questionnement quant à mon attrait envers la chose ferroviaire en ces moments troubles. Sans conteste, cela a joué sur ma motivation à aller attendre les trains des heures durant. Mais cela n’est pas la seule raison. Mon approche a évolué et aujourd’hui, je préfère diminuer la quantité de clichés au profit de leur qualité. Mes recherches nocturnes au flash m’ont d’ailleurs poussé dans ce sens.

Un début d’année dans l’obscurité

Les astres se sont bien alignés en début d’année et j’ai pu poursuivre mes expérimentations de photo au flash. Je passe désormais plus de temps dans la recherche des lieux photo en fonction de ce que je cherche à mettre en valeur. Je suis conscient que la plupart de mes images nocturnes sont classiques et j’ai de la difficulté à trouver des placements de lumières originaux. Je continue donc à lire et observer ce qui se fait en la matière autour du globe !

La BB26217 est photographiée peu avant Neufchâteau en route vers le triage lyonnais de Sibelin.

Les deux photos que vous allez pouvoir découvrir datent du même soir de janvier, sur la ligne 15 entre Toul et Neufchâteau. J’ai fait la première entre chien et loup, alors que l’obscurité n’était pas complète. J’aime beaucoup ces ambiances particulières, car elles permettent la vue du paysage et d’une partie de la composition du train. En fin de compte, tout se passe comme si un coup de projecteur était braqué sur le convoi. Les lumières sont parallèles à la voie d’où la zone d’ombre au premier plan.

La BB27025 est photographiée en tête d'un train intermodal Bettembourg - Le Boulou.

La seconde photo nocturne est celle que je trouve la plus aboutie au niveau de l’implantation des flashes. J’étais en contact avec le conducteur, j’ai donc pu disposer une source lumineuse à l’avant du train (je m’interdis de mettre toute source invasive sans aviser le mécanicien). Cette illumination supplémentaire donne du relief au nez de la machine, le côté du logo SNCF étant plus éclairé que son opposé.

Le train monochrome, encore et toujours

Nez de TGV façon crème glacée.

Si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez pu voir passer quelques clichés noirs et blancs. Le plus réussi et efficace est sans conteste ce nez de TGV-R comme saupoudré de neige. Pour la petite histoire, cette rame venait de m’amener de Nancy et cette neige s’était accumulée en queue lors du trajet. Ayant un peu de temps, je me suis promené sur le quai pour profiter des conditions climatiques hivernales. Cette texture blanche, qui rappelle le chocolat velours qui recouvre certains desserts, a immédiatement attiré mon regard !
Le traitement monochrome renforce la sensation visuelle. J’ai également augmenté les contrastes clairs pour donner plus de force à la neige. Comme avec la photographie nocturne, le noir et blanc me permet de composer encore plus le cliché, en mettant en valeur certains endroits. Avec cette façon de travailler, je peux véritablement montrer un regard très personnel sur le monde ferroviaire.

La relève de la garde en gare de Londres Paddington

Parmi les nombreux terminaux ferroviaires qui sont présents à Londres, j’affectionne particulièrement celui de Paddington. Situé à l’ouest de la ville, il est le terminus des trains en provenance de la Cornouailles ou du Pays de Galles. Ici, la compagnie Great Western Railway (GWR) domine en maître.

Le 19 mai 2019 a vu la fin de l’exploitation des antiques HST 125, les premiers trains à grande vitesse britanniques (125 pour 125 mph, 200 km/h). Des rames construites par Hitachi les ont tous remplacés. Les class 800, aussi appelées IET (pour Intercity Express Train), ont un style déjà familier puisque se rapprochant de celui des Javelin qui circulent sur la ligne HS1. La série se décline en modèles thermiques, électriques et bimodes. Au moment d’écrire ces lignes, quatre compagnies exploitent des IET et une cinquième en a passé commande.

La gare de Paddington a donc changé d’ambiance, surtout au niveau sonore. Même remotorisés, les HST125 avaient une sacrée présence ! À plusieurs reprises en 2019, j’ai profité de coupures à Londres pour visiter l’édifice avec mon appareil photo à la recherche de clichés attrayants.

Départ du quai 1 d'un train à destination de Penzance, à l'extrémité ouest du Royaume-Uni.

Pendant longtemps, la voie 1 n’était pas pourvue de caténaire. Le quai attenant permet de se rendre à un parking à l’extrémité de la gare. Il longe des bâtiments et des murs en brique aux potentiels graphiques incontestables. Le traitement monochrome est alors intéressant, en particulier en plaçant le nez du train dans l’ombre du pont. Mais un problème se pose : le ciel est généralement surexposé. Le subterfuge est simple : réaliser le cliché un jour où la météo est nuageuse, voire pluvieuse !

Cette rame toute neuve resplendit sous la superbe marquise de la gare de Paddington.

Cet angle de prise de vue permet d’apprécier une rame toute neuve dans toute sa longueur avec une belle lumière tamisée par la verrière de la gare. Un autre détail du bâtiment est visible : une grosse structure de fonte noire. Embellie par de récents travaux de réhabilitation, cette rampe servait autrefois aux taxis à emmener leurs clients au pied des trains !
Un œil perspicace remarquera la voiture violette à gauche de la photo. Une class 345, fabriquée par Bombardier, stationne entre deux rotations vers l’aéroport d’Heathrow. Dans un avenir proche, elle devrait circuler sur la nouvelle ligne de métro Crossrail qui traverse Londres d’est en ouest (la mise en service est repoussée d’une année encore).

Les class 800 dominent désormais la scène en gare de Paddington, au regret de beaucoup d'amateurs.

En ce mois de juillet 2019, les voyageur·euse·s se pressent sous la célèbre horloge du terminal de Paddington. Deux rames IET sont prêtes au départ et emmèneront leurs passagères et passagers vers les plages de la Cornouailles. La livrée verte amirale qui habille les trains du GWR est du plus bel effet et donne un air de sérieux indiscutable.

Un peu de couleur dans la grisaille

Détail d'une des oeuvres du "Train de Noé"
Détail d'une des oeuvres du "Train de Noé"

Fin janvier, les astres se sont bien alignés et j’ai pu photographier le « train de Noé », un convoi aux conteneurs bariolés. Il s’agissait d’une opération de communication organisée par plusieurs compagnies de fret ferroviaires européennes pour promouvoir le transport de marchandises par le rail. Ce genre d’événement peut ouvrir des débats sur leur utilité ou non. Toujours est-il que les boîtes sont superbement décorées et colorées. Le temps couvert m’a permis de réaliser quelques flous filés, avec un succès relatif.
https://www.sncf.com/fr/groupe/newsroom/train-de-noe

Quelques visites aux incontournables

J’ai profité de belles journées ensoleillées en fin d’hiver pour visiter des secteurs habituels pour de la photo de train « classique ». Même si les (rares) convois se ressemblent fortement une année sur l’autre, une jolie lumière et un cadrage judicieux permet de rapporter des clichés agréables.

La 186-317 assure la traction d'un train de fret diffus reliant Blainville à Mannheim.

Ici, par exemple, je me suis placé sur une petite portion dégagée, sur la ligne Metz à Sarrebourg, pour réaliser ce cliché en contre-plongée. Cela donne une impression de puissance à cette Traxx. De plus, le gris et le jaune un peu sale de cette machine d’Euro Cargo Rail se marient plutôt bien aux teintes de la nature en cette période de l’année. Ce train est une relation quotidienne entre l’Allemagne et le triage de Blainville.

La BB26133 est photographiée en tête d'un train reliant Woippy à Perpignan.

Nombre de locomotives portent ce que certain·e·s dénomment une livrée « fantôme » caractérisée par un gris uniforme. Franchement, ce n’est pas du plus bel effet et souvent une source de surexposition fâcheuse. Heureusement, la patine de l’effort (la casse) ajoute du cachet à cette BB26133 qui s’intègre ainsi dans un paysage aux dominantes brunes. Ce train de conteneurs à destination du sud de la France traverse la petite gare de Bulligny, entre Toul et Neufchâteau.

La BB27061 s'apprête à aborder le complexe de Lérouville en tête du train inter-triage 54052 Woippy - Le Bourget.

Avec les BB26000, les BB27000 sont omniprésentes sur les convois de marchandises. La BB27061 assure un train de fret diffus entre les triages de Woippy et Le Bourget. J’ai pris cette photographie un peu avant Lérouville, alors que la rame se faufilait entre les côtes de Meuse.

Un Regiolis bimode assure une relation directe Lunéville - Nancy.

J’ai profité d’une belle journée à la fin de février pour exploiter la lumière dorée du soir. Je suis allé à proximité des soudières Solvay, à Varangéville, sur la section Nancy-Lunéville de la ligne 1 Paris à Strasbourg. J’ai ainsi tiré le portrait à toute une série de trains régionaux en essayant de jongler avec les ombres envahissantes. Je connais ce coin photo depuis plusieurs dizaines d’années, mais l’installation de grillages a rendu son attrait vraiment minime aujourd’hui.

Sortir de sa zone de confort

Angélique pose fièrement devant sa rame en gare de Crécy-la-Chapelle.

Je ne pouvais pas faire cette rétrospective et ne pas remercier encore Angélique de s’être prêtée au jeu de la session photo. Grâce à elle, un de mes clichés a fini avec une mention honorable du concours 2019 du Center for Railroad Photography and Art qui avait pour thème les cheminots. La séance de prise de vue s’est déroulée sur la liaison Esbly — Crécy-la-Chapelle. C’était une première à deux titres : première fois sur la ligne et premier passage à bord de ce matériel de type tram-train.

Le portrait n’est pas un art dans lequel je suis particulièrement à l’aise. Angélique a été un modèle qui m’a mis rapidement à l’aise. Photographe elle-même, nous parlions le même langage créatif ce qui a permis de trouver des angles de prise de vue intéressants. Sortir de sa zone de confort est un exercice formateur et j’envisage de renouveler l’expérience.

Un nouveau joueur entre dans le match

Ma faible production s’explique aussi par l’arrivée d’un nouveau boîtier, le Sony A7iii. Il complète parfaitement le A7ii qui est devenu mon appareil de secours. Je prépare un billet sur ces appareils appelés mirrorless en anglais et qui révolutionnent la photographie.

La gare de Paris-Est est monopolisée par les rame TGV Duplex en ce milieu de journée d'août.

Même si les deux Sony se ressemblent, leur utilisation diffère de l’un à l’autre. Il a fallu que j’apprivoise ce nouvel outil. J’en ai d’ailleurs profité pour changer ma façon de faire, en exploitant mieux les options et les informations offertes.

Un passage au pays du matin calme

Une machine au look très européen est photographiée en tête d'un train de voyageurs coréen.

L’année 2019 a été l’année où j’ai découvert un nouveau réseau ferroviaire : celui de la Corée du Sud. Dans ce pays essentiellement composé de montagnes, les voies ferrées sont cachées. Difficile de trouver un coin photo potable. L’existence de petites lignes locales promet cependant des surprises pour qui ose se perdre dans les confins de la campagne. Peut-être un objectif pour 2020 ?

Voilà pour ma maigre récolte de cette année 2019. 2020 débute et, à vrai dire, je n’ai aucune expectation particulière, juste des idées, des lignes directrices. Rendez-vous l’année prochaine pour voir ce que le sort m’aura réservé !

Les Trains du Quotidien

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