Un instant éphémère

Voici une expression connue de nombreuses personnes  : « le train est une fenêtre sur le monde ». Je la compléterais avec « et sur le pays qu’il traverse ».

Rencontre éphémère

Assis sur notre siège, nous regardons défiler les paysages. La vitre et son encadrement rappellent à notre imaginaire les cartes postales d’autrefois. Les commerciaux de la marque TGV Inoui l’ont bien compris. Des autocollants bien placés invitent les passagers à immortaliser leurs regards sur l’environnement extérieur. Ce moment fugace illustrera ensuite les réseaux sociaux avec le hashtag adéquat.

 

Mon séjour dans une gare du sud de la Thaïlande m’a appris l’inverse. Posté à l’extérieur du train, j’observais la vie des habitant·e·s se dérouler de l’autre côté des fenêtres. À bien y penser, j’étais le spectateur d’un véritable film. Soudain, le long-métrage s’est interrompu. Les actrices et les acteurs se sont mis à me regarder. Le déclenchement de l’appareil photo a immortalisé l’éphémère.

 

De retour dans ma Lorraine éloignée, l’image sur mon écran d’ordinateur atteste que je n’avais pas rêvé.

 

La voiture de troisième classe du convoi à destination de Surat Thani ne bénéficiait pas de la climatisation. Comme dans les rames de mes années lycée, les fenêtres grandes ouvertes faisaient office de ventilation. Aucune barrière ne m’empêchait alors d’embrasser la vie à l’intérieur des compartiments. Cette sensation semble absente aujourd’hui avec nos « trains-avions » aseptisés et nos gares transformées en hypermarchés.

Un exercice difficile

Je peux bien l’avouer, je ne me sens pas à mon aise pour photographier les autres êtres humains. Je ne possède pas le talent pour composer un portrait agréable à regarder. Mon handicap majeur s’avère être l’absence de feeling pour établir une relation avec un modèle, même pendant le temps d’une prise de vue.

Mon handicap majeur s’avère être l’absence de feeling pour établir une relation avec un modèle, même pendant le temps d’une prise de vue.

Mes différentes lectures m’ont appris comment les photographes développaient leur vision créative en sortant de leur zone de confort. J’aborde ce sujet avec un étrange mélange de curiosité et d’appréhension. Je tente diverses approches dans ce domaine, du gros plan à la photo de foule.

 

Voilà l’état d’esprit avec lequel j’ai vécu mon après-midi à Hua Hin. La bienveillance et la gentillesse des Thaïlandais·e·s m’ont rassuré et donné confiance. Les gares constituent d’ailleurs l’endroit idéal pour trouver des occasions favorables. L’image que vous découvrez aujourd’hui le montre bien.

 

Au-delà du simple cliché de cette jeune voyageuse, le souvenir vivace qui m’habite est celui d’un moment d’une complicité joyeuse. Le temps d’un sourire et d’un petit geste de la main, j’ai compris les paroles d’un collègue passionné par la réalisation de portraits. Il décrit ces événements éphémères comme des « instants de grâce ». L’espace de quelques secondes, deux âmes se côtoient dans le monde évanescent d’une photographie.

Trains d'Ailleurs

portraitthailandeUne photo une histoire

1 Commentaire

  • Bonjour,
    très joli cliché, un instantané plein de complicité. Il faut oser demander l’autorisation de prendre une image, c’est parfois juste une regard échangé avec un sourire et des fois ça paye. je suis pareille plutôt réservé et ayant du mal à faire le premier pas, mais j’ai des souvenirs de Tanzanie où là bas « les gens ne sont pas des singes » et refusent qu’on les prenne en photo. mais à chaque fois que j’ai demandé j’ai été autorisé (parfois avec un dollar …) je dois avoir une bonne tête.

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