Photo ferro au flash : les basesPar Le

Très souvent, après la publication d’une de mes photos ferro au flash, j’ai de nombreuses questions plus ou moins poussées sur le côté technique des choses. Au fil du temps, j’ai rassemblé les différents points importants pour cette pratique photographique et je l’ai structurée en un petit texte. Cela a donné l’article que vous lisez aujourd’hui.

 

Ce texte n’est pas figé. En effet, je le compléterai et je l’amenderai au fil du temps et des questions que vous pourriez me poser (sur des points précis ou des incompréhensions par exemple).

Le schéma de base

Le principe de fonctionnement est simple : l’appareil photo (A) est équipé d’une télécommande qui ordonne le déclenchement des flashes (B et C) lors de la prise de vue. Les flashes les plus récents (B) sont parfois équipés d’un système de réception dès la construction. Pour des modèles plus anciens (C), l’ajout d’un récepteur spécifique est nécessaire via le sabot du flash ou la prise synchro.

La télécommande est généralement placée sur le sabot porte-flash de l’appareil et fonctionne par onde radio de différentes fréquences. Elle peut parfois permettre le réglage à distance de la puissance des lumières (voir plus loin). Le système de commande global peut être de la marque des flashes (Yongnuo, Godox) ou bien un système à part entière (Pocketwizard).

Comment installer ses lumières ?

L’idée derrière la photo ferroviaire nocturne au flash est simple. On éclaire le sujet (le train) dont le mouvement est figé par la très courte durée des éclairs des flashes. Il faut donc positionner les lumières de façon adéquate afin de bien éclairer la rame tout en évitant / minimisant l’inconfort provoqué au conducteur du convoi.

A propos de l'éblouissement des conducteurs

Régulièrement, des commentaires acerbes apparaissent lors de la publication d’une photo au flash sur les réseaux sociaux. Ceux-ci dénoncent une agression visuelle pour l’agent de conduite photographié. Vous vous doutez bien que ce soucis a été pris en compte lors de mes recherches et de mes premiers essais … surtout que je suis agent de conduite moi-même !

Comme indiqué dans ce chapitre, je conseille de placer les lumières hors du champs visuel du conducteur. Il faut absolument éviter de placer un flash sur l’appareil photo ou sur un trépied derrière, histoire d’avoir un éclairage 3/4 avant comme avec le soleil ! Il reste alors le gêne éventuelle de l’éclair de lumière. Les retours des conducteurs photographiés (sans en être avertis) sont rassurants puisqu’ils m’ont tous indiqué ne pas avoir été gêné, l’éclair produit ressemblant fortement à ceux qui se produisent régulièrement en traction électrique lorsque le pantographe se décroche.

La gêne est donc minime si vous suivez les conseils donnés sur cette page. Si vous souhaitez réaliser des éclairages plus invasifs, il faut absolument que le conducteur soit averti à l’avance. Ne le faites pas si il/elle ne l’est pas !

Le schéma le plus simple, et idéale pour débuter, est une installation parallèle à la voie. Ce type d’éclairage permet de bien voir le convoi tout en évitant de placer une source lumineuse directement dans le champ de vision du conducteur.

Ce style de positionnement de lumière a le désavantage de créer une zone noire dans un des angles de la photo (les zones hachurées en rouge sur le schéma ci-dessus). Ces zones sombres peuvent être comblées par l’utilisation d’un autre flash placé perpendiculairement à la voie. Cette lumière peut être équipée d’un « nid d’abeille » afin de restreindre la surface éclairée et ainsi éviter d’éblouir l’agent de conduite. Une autre alternative consiste à prendre une photo en éclairement correctement les zones d’ombre (avec une lampe de poche par exemple) en absence de train puis de la fusionner sous Photoshop à la scène éclairée au flash.

Il est évident que plus on veut éclairer le train, plus il faut de flashes. En fonction de la distance des rails, de la puissance même du flash, la distance linéaire de train éclairé varie. Dans mes clichés, deux lumières suffisent à éclairer la distance entre deux poteaux caténaires soit environ 25m.

Exemple d'un éclairage latéral avec plusieurs sources de lumière. Une zone noire est engendrée à l'avant plan, à droite. Notez que la cabine est dans le noir complet, signe qu'aucun éclairage direct n'éclaire le conducteur.
Côté technique

Entrons un peu plus dans la technique maintenant en nous attardant aux paramètres à appliquer à l’appareil photo et aux flashes.

Pour des raisons pratiques et de confort, je suggère que l’appareil photo soit posé sur un trépied. Pour les modèles équipés de systèmes de stabilisation, celui-ci doit être désactivé. L’appareil doit être mis en mode manuel avec libre choix des vitesses, diaphragmes et ISO.

La vitesse doit être la « synchro flash », de l’ordre de 1/200è ou 1/250è selon les fabricants. Le photographe jouera alors avec les ISO et/ou le diaphragme pour jouer sur la quantité de lumière alimentant le sujet. Personnellement, je commence mes essais d’éclairage avec une valeur de 1/200è f5.6 à 2500 ISO.

c’est la durée de l’éclair des flashes qui va figer le mouvement !

Il y a des questionnements à propos de cette vitesse de synchro flash. En photo de jour, 1/200è c’est peu pour un train en mouvement (à moins qu’il roule à faible allure ou soit à l’arrêt) et le convoi a de bonnes chances d’être flou sur la photo finale. De nuit, comme la scène est complètement noire, c’est la durée de l’éclair des flashes qui va figer le mouvement ! Le seul élément qui n’est pas figé, ce sont les fanaux de la machine qui ne seront pas parfaitement ronds en fonction de la vitesse du train.

Parmi les choses à faire attention sur l’appareil photo, il y a la luminosité de l’écran LCD d’affichage et du viseur électronique (si l’appareil en est équipé). Il faut un réglage au minimum possible afin d’éviter des photos sous exposées une fois importées sur l’ordinateur !

Venons en maintenant aux flashes. Certains modèles (les plus chers) vont régler eux mêmes la quantité de lumière nécessaire pour illuminer un sujet. Le photographe n’a alors plus qu’à rajouter ou diminuer la quantité désirée (comme sur un boîtier en ajoutant ou retranchant des IL).

Mais des modèles de base (et donc beaucoup moins onéreux) sont largement suffisants pour le sujet qui nous intéresse. En effet, nous allons régler manuellement la force de l’éclairage désiré. Le réglage de la puissance voulue se fait par incréments de 1/1 (le maximum de l’éclairage est généré) à 1/128 (ou 1/256 selon les modèles). Si on choisit 1/4, cela signifie qu’on utilise un quart de la puissance totale du flash. Comme je le disais plus haut, les modèles de télécommandes et de flashes actuels permettent de modifier cette valeur à distance grâce un écran et des commandes sur la télécommande équipant l’appareil photo. Généralement, je place la puissance des flashes à 1/2 pour commencer.

Les réglages

Pour résumer, voici les réglages initiaux des appareils :

  • Appareil photo : 1/200è f5.6 à 2500 ISO.
  • Flashes : 1/2

Une fois tous les flashes réglés, je prends une première photo et je l’analyse. Ce que je regarde en particulier :

  • La mise au point (la photo est elle nette ?). Dans une zone particulièrement obscure, la mise au point peut être compliquée. J’ai acheté une dalle LED Yongnuo YN-300 (utilisée pour la vidéo) pour m’aider à faire les mises au point précise.
  • Le cadrage global
  • Les zones sombres et les ombres. Ces dernières sont beaucoup plus « dures » que de jour. Et on peut avoir des surprises en fonction du placement des lumières.
  • La quantité de lumière : la photo est elle correctement exposée ? C’est là qu’un écran LCD ou un viseur électronique trop lumineux peu être piétant (je parle en connaissance de cause !).
  • Les puissances des différents flashes sont elles raccord ? En mélangeant les types de flashes, certains plus puissants que d’autres, ou bien en fonction des couleurs des zones éclairées, il se peut qu’il y ai des zones plus éclairées que d’autres.

En fonction des constations, il faut alors jouer sur les puissances de flashes pour avoir une scène équilibrée. Il faut garder en mémoire que les couleurs blanches ou argentées (la livrée « spectre » des machines Akiem par exemple) risquent d’être surexposée. De même, des machines proposées ou récentes ressortent brillantes et il faut parfois modifier l’orientation des lumières pour éviter des reflets trop violents.

Le post traitement

Je serai bref à ce sujet car j’envisage d’écrire un texte spécifique à ce sujet. Il faut éviter d’utiliser la commander d’éclairage des ombres car cela donne des effets vilains dans les zones d’ombre. D’autre part, je « réchauffe » (augmentation du jaune) toujours un peu mes clichés au flash car je trouve la lumière trop bleue.

Passage à Nancy d'un train spécial en provenance de Pragues et composé de voitures Orient-Express. Deux flashes Godox ont été utilisés pour éclairer la scène. Pour l'anecdote, le conducteur contacté quelques jours plus tard a indiqué ne pas avoir remarqué les éclairs de lumière tant ils se fondaient dans l'éclairage urbain.
Ce n’est qu’un début

Tout ceci ne sont que les premiers pas en photo nocturne. Une fois qu’on commence à saisir les différents paramètres, il faut jouer à déplacer les lumières, varier les cadrages, etc.

La tentation est grande à faire ce qu’un photographe américain appelle des « photos de jour où le ciel est noir ». Autrement dit, un cliché final qui manque d’originalité. Bien évidemment, la plupart de mes clichés sont de ce style, des vues de type documentaire de trains qui ne circulent pas de jour. Mais on peut se laisser aller à tenter d’autres choses : placer des éclairages face à soit, jouer avec les zones sombres, etc.

En utilisant des flashes, nous sommes maître de la lumière et nous pouvons la placer où bon nous semble. Il faut sortir des réflexes habituels des clichés diurnes. On peut se placer avec le Nord dans le dos are exemple. Cela paraît simple à dire mais nous sommes tellement conditionnés en matière de photo ferroviaire qu’il est très difficile de se détacher.

Et là également je parle en connaissance de cause !

Plus que jamais, il faut alors « éduquer son œil » en allant découvrir le travail d’autres photographes. N’hésitez pas à chercher dans les rayons de votre libraire favori. Il existe nombre de photos au flash, essentiellement en studio, et vous y trouverez des idées ou de trucs à essayer.

De mon côté, je vais faire mon possible pour faire connaître les travaux de différents photographes, leurs techniques, leurs visions du style, etc.

Version 1.0 de l’article.

Technique

2 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.