Petit gris déstructuré

Lorsque la cuisine moléculaire a émergé au début des années 2000, la notion de plat déstructuré est apparue dans le vocabulaire. L’idée de quelques chefs et pâtissiers était alors de repenser des plats connus et de les présenter d’une tout autre façon. En fin de compte, le goût était le même, mais l’aspect avait changé. Sans le réaliser au moment de le faire, j’ai pratiqué une sorte de photographie déstructurée à une période de ma vie.

Les détails comme représentants d’un matériel

Lorsque j’ai étudié la théorie de la photographie et en particulier les éléments constitutifs d’une image, mon regard a évolué. J’ai ainsi pris plus de temps à observer le monde qui m’entourait dans ses moindres détails. Appliqué au milieu ferroviaire, je me retrouvais à cadrer des numéros de locomotives, des annotations sur des wagons ou des formes géométriques et des couleurs sur des automotrices. En montrant ces travaux, je réalisai que certains détails suffisaient à identifier une machine particulière.

 

J’ai donc commencé à approfondir le sujet et j’en suis arrivé à proposer des portraits de wagons pendant un événement dans le cadre du projet Images & Trains. J’avais passé plusieurs jours à arpenter le triage du Bourget au moment où j’y étais en RHR. Lorsqu’un wagon se présentait devant moi, je recherchais ce qui en faisait sa spécificité par les détails.

… ce soir-là, les nuages diffusaient la lumière et je pouvais photographier l’intimité du métal …

J’ai opéré de même avec les trains que j’étais amené à conduire dans le cadre de mon travail. Et parmi eux se trouvaient les Z6100, les fameux « petits gris » détestés par les uns et adulés par les autres. Je me souviens d’un soir dans les garages de Crépy-en-Valois. Je venais de mettre en stationnement une triplette et je me dirigeais vers le foyer pour y prendre mon repos hors résidence. La météo était maussade avec une luminosité faible, mais uniforme. J’ai alors saisi l’occasion pour rechercher ces modestes détails qui faisaient l’âme de ces trains. En effet, par temps ensoleillé, difficile d’espérer avoir des détails sur l’aluminium à cause des reflets violents. Mais ce soir-là, les nuages diffusaient la lumière et je pouvais photographier l’intimité du métal.

 

Le résultat de cette séance, vous l’avez sous les yeux. Ces trois images sont, pour moi, la meilleure représentation de ces trains un peu particuliers. Elles sont mon plus beau souvenir.

Itinéraires Créatifs

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1 Commentaire

  • J’aime beaucoup ces « Close-up » qui ravivent bien des souvenirs….
    Par contre la prochaine fois que je te vois tu me feras penser à te tirer les oreilles, je t’en ficherais moi de « l’aluminium » !! 😀
    INOX FOREVER

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