Balance des blancs – Un cas complexe par l’exemplePar Le

La photo présentée dans ce billet a eu un certain succès sur la page Facebook. Elle a pourtant présenté un certain défi en matière d’équilibrage des différentes sources lumineuses. Je partage avec vous mon travail de post-traitement pour venir à bout de ce cas complexe de balance de blancs.

La rame TGV-PSE 23183/4 (92) est photographiée en gare de Douai alors qu'elle assure le train 7148 Valenciennes - Paris. (Sony A7ii + 55mm ; 1/20s f4.5 6400iso)
L’histoire de la photo

Mais avant d’entrer dans de la technique pure, voici quelques mots concernant la réalisation de ce cliché. Début 2016, j’ai effectué mes derniers TGV avant de partir travailler chez Eurostar. Dans la mesure du possible, j’ai immortalisé cette période de ma carrière professionnelle.

Mon appareil photo (Sony A7ii) trouvait toujours une petite place dans mes affaires. Il était généralement équipé d’un objectif de 55mm f1.8, un caillou lumineux et à l’encombrement minimal. C’est cette combinaison que j’ai utilisé pour prendre la photo de ce billet.

Il s’agit du train 7148 reliant Valenciennes à Paris. Il est photographié lors de son arrêt en gare de Douai. La configurations des installations implique un changement de cabine de conduite pour repartir en direction d’Arras. Un peu plus de dix minutes sont allouées à cette opération. L’utilisation ce soir là d’une rame TGV Sud-Est (la 23183/4 alias 92) m’a donné le temps nécessaire pour prendre quelques photos avant de repartir vers Paris.

Le défi technique

La prise de vue s’est faite après le coucher du soleil mais pendant le crépuscule. Le ciel n’est pas encore complètement noir mais la faiblesse de la luminosité implique l’apparition d’éclairages divers et variés. En y regardant de près, quatre sources de lumière sont présentes sur ce cliché.

Voici à quoi ressemble la photo après l’avoir importé dans Adobe Lightroom Classic CC et avoir appliqué une série d’opérations « de bases » (à savoir : accentuation, lissage, mise à niveau, correction des déformations dues à l’objectif et application d’un profil d’étalonnage de l’appareil photo). Vous pourrez apprécier les valeurs de certaines de ces corrections de base dans une copie d’écran visible à la fin de ce billet.

Quatre types de lumière sont identifiables. Je les ai repérées sur la photo ci-dessus. Chacune joue un rôle dans l’éclairage de la scène mais aussi (surtout) l’apparition de dominantes colorées (dues justement à la nature de la source lumineuse) :

  • le ciel en lui-même (1) qui ressort bleu et d’une façon assez importante grâce à l’utilisation d’une sensibilité importante (6400 iso).
  • l’éclairage au sodium du quai (2) qui ressort orangé.
  • l’utilisation d’un éclairage au néon côté gare (3).
  • la présence d’un éclairage à led au niveau des marquises des quais (4) qui ressort bleu.

On pourrait aussi noter que l’éclairage à l’intérieur des voitures du train ou de la gare sont une cinquième source de distraction. Heureusement leur influence est négligeable.

Comment opérer en pareille situation ?

Une fois toutes ces sources identifiées, il faut maintenant travailler l’image afin que le résultat global soit équilibré et qu’une dominante ne l’emporte pas au risque d’avoir une photo peu agréable.

Ma façon de procéder en présence de photos nocturnes avec des éclairages publics est généralement la suivante. J’utilise d’abord le bouton « balance des blancs automatique » afin de me faire une idée de ce que cela donne. Dans la plupart des cas, ce qui est suggéré est assez bon et je ne fais que modifier légèrement les paramètres alors appliqués afin de donner une touche personnelle à l’ensemble.

il faut  […] travailler l’image afin que le résultat global soit équilibré et qu’une dominante ne l’emporte pas au risque d’avoir une photo peu agréable

Dans la photo qui nous intéresse, j’ai du cependant intervenir de façon plus importante sur la zone située au premier plan. Je trouvais le jaune orangé assez sale et donnant une dominante trop marquée à l’ensemble. J’ai donc choisi la zone qui me dérangeait avec l’outil pinceau, et j’ai affiné cette zone grâce au masque de gamme (couleur), une possibilité offerte depuis quelques mois par Adobe Lightroom. Pour faire simple, la zone sélectionnée correspond à une couleur choisie sur l’image grâce à une pipette.

Je n’ai eu qu’à adapter les couleurs (plus de bleu et de magenta) afin d’avoir quelque chose de plus homogène et réaliste. La photo ci-dessous vous donne une idée de la zone concernée et des paramètres de correction appliqués.

En vert, vous pouvez visualiser le masque de gamme appliqué pour choisir effectivement ce qui sera modifié par les modifications.

J’ai alors joué sur différents paramètres afin d’avoir un résultat final de qualité. La photo ci-dessous vous donne une idée de paramètres sur lesquels j’ai joué. Notez que j’ai augmenté la luminance du bleu du ciel (+5) tout en diminuant sa saturation (-12) et ceci via le panneau TSL de Lightroom. J’ai également du atténuer une zone pourpre à la limite du ciel et du toit du train.

Heureusement, toutes les photographies ne demandent pas un tel travail en finesse. Il faut cependant noter que la multiplicité des sources lumineuses rend difficile la photographie nocturne en gare ou dans les dépôts. Ce billet a pour ambition de vous donner des pistes de travail si vous souhaitez améliorer de tels clichés.

Version initiale – 08 avril 2018

N’hésitez pas à poser des questions, à suggérer des améliorations à cet article. Son contenu sera modifié en conséquence et cela sera indiqué ici.

Technique

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